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La culture du cacao à Madagascar représente une production de 6 000 tonnes par an. Les régions DIANA et SAVA, au nord de la Grande île, sont les fiefs de cette production, principalement autour d'Ambanja et dans la vallée du Sambirano. La particularité de Madagascar, quasi unique au monde, est d'accueillir les trois variétés cultivées de cacaoyer, dont la variété « Criollo », très recherchée pour son arôme prononcé et sa faible amertume. Les premiers cacaoyers ont été introduits à Madagascar vers les années 1900. La première variété de cacao commercialisée fut le Criollo. Pendant cette période, Madagascar exportait plus de 120 tonnes de cacao par an et la grande majorité de cette production venait des plantations coloniales du pays.
Suite aux efforts récemment entrepris par la profession dans le domaine de la qualité, le cacao malgache, considéré comme étant parmi les meilleurs au monde, a obtenu le label Cacao Fine de l'Organisation Internationale du Cacao, ICCO. Mais une limite à cette qualité provient du phénomène d'hybridation entre les espèces, dont la répartition mélangée ne permet pas le contrôle.
Plantation à Ambanja
La Société Malgache d'Industrie et d'Agriculture (SOMIA) possède environ 2 000 ha de terrains à Ambanja dont la moitié est cultivée. La production de fèves de cacaos pour l'exportation (incluant la variété de Criollo) s'est élevée à 260T par an en moyenne sur les 8 années d'exercice (330 T environ en 2011). La production de cacao est certifiée BIO. Outre les cultures de cacao, la société possède également des cultures d'ylang-ylang (environ 10 000 pieds) et dans une moindre mesure de café, poivre et baies rosés. Selon Yvan Staub, le directeur d'exploitation de la plantation, une des grandes difficultés de la culture du cacao provient des aléas climatiques : les cyclones, fréquents dans cette région contribuent à détériorer la couverture arborée dont l'ombrage est nécessaire à la bonne croissance du cacaoyer ; les précipitations parfois trop faibles ont une grave incidence sur le volume de la production. Le vieillissement des plants, dont certains datent de l'époque coloniale nécessite également en permanence un important travail de restructuration de la plantation (restauration d'ombrage, renouvellement des plants, etc..). Mais une autre difficulté et non des moindres, provient de la disparition de la production sur les plants suite à des pillages nocturnes qui se produisent aux moments où la demande est forte. Un important dispositif de surveillance doit donc être maintenu en permanence. Notons que SOMIA emploie 90 permanents mais comptent entre 250 et 700 pendant les périodes de récolte.
Structuration et réglementation
La filière cacao présente toutefois un certain nombre de faiblesses qui font l'objet d'une réflexion de la part des différents acteurs qui travaillent depuis plusieurs années à la mise en place d'un cadre réglementaire comprenant notamment : l'instauration de cartes de producteurs et de collecteurs (prélèvements/ristournes), mise en place de marchés physiques, mise en place d'un contrôle qualité des fèves, etc.. La mise en place de ces mesures dépend de la pérennité de la réputation d'excellence du cacao de Madagascar.
Source : Madagascar Matin du mercredi 15 février 2012, n°0801
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