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Le Directeur Général du Centre Malgache de la Canne et du Sucre (CMCS) parle de la situation actuelle de la filière sucre.
• Pouvez-vous dresser un bilan de la production et des exportations sucrières ?
- Durant les trois dernières campagnes, nous avons constaté une hausse constante, aussi bien pour la production que pour les exportations dans la filière sucre. La production est passée de 14 316 tonnes pour la campagne 2008-2009 à 72 065 tonnes pour celle de 2010-2011. Le volume des exportations est passé de 9 005 tonnes à 29 400 tonnes pour ces deux périodes. La production destinée au marché local atteint les 42 665 tonnes en 2010-2011, contre 5 311 tonnes pour 2008-2009.
• Qu'en est-il du quota d'exportation vers l'Europe ?
- Actuellement, dans le cadre des APE/UE-ACP (Accord de Partenariat Économique), le quota d'exportation n'est plus limité pour Madagascar. L’Italie, France, Allemagne sont les principaux pays de destination des exportations sucrières.
• Le gouvernement a suspendu les exportations de sucre à un certain moment. Quels ont été les impacts de cette mesure sur la filière ?
- Comme notre production n'arrive pas encore à satisfaire nos besoins, la mesure prise par l'Etat ne handicape pas trop la filière, du moins au point de vue écoulement des produits. Nous devons garder notre position sur le marché international car sa reconquête n'est pas facile. Il faut définir au préalable la quantité à exporter afin de prévoir le gap, c'est-à-dire l'écart, et assurer le ravitaillement.
• Quelles sont les actions mises en œuvre pour stimuler la filière ?
- La mise en œuvre de la Stratégie nationale de la filière sucre nous a permis d'augmenter les surfaces recultivées. A l'aide du financement de l'Union européenne, on a réhabilité le réseau hydroagricole à Ambilobe. Les petits planteurs ont pu redémarrer leurs activités autour de la Sucrerie d'Ambilobe. La surface réalisée avec cette aide s'élève à 275 ha. La société sucrière a aussi octroyé des avances aux petits planteurs.
• Combien d'unités de production sont fonctionnelles actuellement ?
- Madagascar dispose de cinq unités sucrières dont trois opérationnelles, à savoir Ambilobe, Namakia, Morondava. Nosy Be et Brickaville se trouvent actuellement en chômage technique et en attente de repreneurs éventuels.
Source : L’Express de Madagascar du mercredi 1er juin 2011, n°4933 |